Le savonnier professionnel
Dans un premier temps, il est important de dire que de savoir fabriquer du savon ne fera pas de vous un savonnier professionnel.
Vous pouvez fabriquer autant de savon que vous voulez et simplement l’utiliser pour vous, vous ne pouvez ni le vendre, ni l’offrir, ni le donner à des associations.
Pourquoi ?
Parce que c’est une question sanitaire. Le respect des normes, même si elles peuvent paraitre contraignantes, est la garantie pour le consommateur que le savon qu’il achète a été fabriqué selon les normes en vigueur. Qu’est-ce qui donne le droit de vendre ses savons , et d’être considéré comme un savonnier professionnel ?
Un savonnier professionnel est formé aux BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication)
La norme BPF est une norme européenne qui garantit qu’un produit cosmétique a été fabriqué selon un process précis qui garantit la sécurité du produit, ainsi que la sécurité du consommateur.
La fabrication des savons doit respecter certaines règles non négociables pour avoir le droit de vendre ses savons :
- Préparation et désinfection du matériel
- Choix du matériel
- Protection individuelle
- Choix des matières premières
- Process de fabrication
- Process de nettoyage
- Process de stockage des matières premières
- Règles de libération des lots
- Process de stockage des produits finis
- Process de test de stabilité (test en continu au laboratoire)
La formation aux BPF est indispensable pour prétendre être savonnier professionnel. Sans, vous n’avez aucune garantie que le savon soit fabriqué correctement.
Un savonnier professionnel dispose d’un local adapté à son activité,
Le local de savonnerie doit être le reflet du process de fabrication qui a été validé dans les BPF. Tout doit être pris en compte (revêtement au mur ou au sol, type de peinture, matériaux utilisés pour les plans de travail), ce local doit respecter une certaine organisation en zones spécifiques (laboratoire, fabrication, stockage, zone de cure, …)
Sans laboratoire, un savonnier ne peut poursuivre sa fabrication à destination de la vente : le local est une composante stratégique de l’activité et c’est pour cette raison que le plan du laboratoire est un document essentiel pour déclarer une activité de savonnier professionnel.
Un savonnier professionnel n’est pas un apprenti sorcier, on ne fabrique pas du savon destiné à la vente dans sa cuisine, dans une pièce de son appartement, dans une cabane au fond du jardin, ou autre lieu.
Un savonnier professionnel a fait valider l’ensemble de ses recettes par un pharmacien/toxicologue
La validation des recettes a plusieurs objectifs :
- Vérifier que votre recette est une bonne recette
- Qu’elle sera fabriquée selon les BPF
- Contrôler la liste des allergènes
- Poser les restrictions éventuelles, comme pour les enfants en bas âge ou femmes enceintes ou allaitantes.
Une fois ces recettes validées, elles font l’objet d’un rapport toxicologique détaillé.
Chaque recette doit être déposée sur le portail européen du CPNP.
Une fois la recette déposée, vous pouvez enfin lancer la commercialisation.
Une fois la recette déposée, celle-ci devient contraignante : il n’est pas question de changer un seul élément ! Le moindre changement met le savonnier dans l’illégalité. La recette devra être revalidée en cas de changement.
Alors oui, être savonnier professionnel, c’est contraignant.
Mais quel prix à payer, pour la sécurité des personnes qui utiliseront vos produits ?
Mon conseil
N’achetez pas n’importe quoi parce que c’est joli, ou parce que vous connaissez la personne, bien lire vos étiquettes.
Il doit figurer obligatoirement sur l’étiquette :
- le nom du savon
- les ingrédients (liste INCI)
- les restrictions d’emploi
- le poids
- le n° de lot
- PAO
- Le nom et adresse du fabriquant
Attention prudence avec un savon sans emballage ni étiquette |